2006, au minimum…

By 21 novembre 2016Non classé

A nouvelle Soirée 20, nouveau défi : celui de dénicher une bouteille d’au moins 10 ans. C’est le thème de cette nouvelle retrouvaille chez Yannick pour nous souvenir de nos premières escapades viniques, en 2006 ! Au programme : Riesling Grand Cru Brand Vendange Tardive 1997, Josmeyer ; Beaune 1er Cru Les Aigrots 2005, Sébastien Magnien ; Hermitage « La Petite Chapelle » 2002, Jaboulet ; Château du Tertre 2006, 5è Cru Classé de Margaux ; Château Doisy-Daëne 1983, Cru Classé de Barsac.

 

 

 


Le vendredi est toujours plus relaxant avec une perspective d’une nouvelle dégustation entre amis. Ce fut le cas en cette belle soirée d’automne chez Yannick qui a enfin trouvé une réponse à une question régulière : « c’est quand qu’on boit du vin ? » N’y voyez là aucune forme d’addiction à part celle qui nous unit tous, nous passionnés de vin !… Passées les petits phrases taquines pour annoncer la meilleure bouteille de la soirée nous nous empressons d’ouvrir l’apéro, à l’aveugle comme toujours, et c’est Lionel qui s’y colle !

doisy-daene-1983-riesling-brand-vt-1997-josmeyerSon Riesling Grand Cru Brand Vendange Tardive 1997 du Domaine Josmeyer nous rappelle aux bons souvenirs de la même bouteille ouverte il y a quelques mois. Sa robe or pâle ne trahit pas son âge, bien au contraire. Le premier nez annonce un terroir granitique, à la fois chaleureux et brûlant de fougue. A l’aération le fruit se révèle avec en filigrane de fines notes pétrôlées, de cire et de pâte de fruit. La bouche est lumineuse avec une matière de velours entre le fruit confit et le minéral. Le raisin est magnifié par son terroir dans un style toujours aussi élégant. Une force mentholée soutient l’ensemble du début à la fin puis se mêle â de fins amers dans une longue finale ! Un modèle d’équilibre et d’élégance !
Nous entamons un plateau de charcuterie et de fromages avec le Beaune 1er Cru Les Aigrots 2005 de Sébastien Magnien qui annonce des notes animales persistantes. Son caractère chaleureux et son élevage excessif n’annonce rien de positif si bien que se pose la question d’un défaut. Tout le monde n’est pas d’accord avec moi mais personnellement, le tout se confirme dans une bouche oxydée et à l’acidité volatile. A revoir.

Le vin suivant éclipse nos interrogations et nous remet dans le droit chemin : l’Hermitage « La Petite Chapelle » 2002 de Jaboulet est un vin particulier, un de ceux qui a révélé notre passion il y a bien longtemps. Nous nous souvenons encore de Sébastien qui se roulait par terre de bonheur. Et bien près de 10 ans plus tard cette Petite Chapelle nous enchante encore tout autant malgré une robe sombre et légèrement troublée. L’élégance d’un nez aux arômes aboutis de fruit rouge, de cuir, de réglisse avec une nuance végétale (herbes de Provence) précède un ensemble de classe en bouche. Un fruité mûr et poivré se confond à des notes de tabac et de boîte à cigares ; la finesse des tannins n’a d’égale que leur maturité. L’évolution de ce vin est remarquable surtout sur un millésime aussi commun que 2002, la bouche viandée se mêle à la réglisse pour finir dans la fraîcheur et l’équilibre. Un grand vin de terroir dans la fleur de l’âge. Super !

Notre hôte du soir aime jouer avec les règles, aussi a-t-il eu le cran d’ouvrir une bouteille que je lui avais offerte il y a quelques années. De bonne guerre me direz-vous ! Le Château du Tertre 2006, 5è Cru Classé de Margaux se devait d’être à la hauteur pour que je ne prenne pas de remarque, personnellement je l’ai trouvé bon mais pas à la hauteur de l’Hermitage. Sa robe rubis foncé annonce un nez où se mêlent le chocolat chaud, les herbes grillées, les fruits rouges mûrs et une touche fumée dans une représentation plutôt classique de l’assemblage (45% Cabernet, 35% Merlot et 20% Cabernet Franc). La framboise fraîche apparaît à l’aération. La bouche joue dans la finesse dans un registre assez classique et assagi ; les tannins sont bien enrobés et portés par une belle acidité même s’il n’a pas le fond d’un grand vin. Il faut dire que le millésime ne l’aide pas non plus ! Très agréable néanmoins.

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Je fus assez ravi de trouver un Roquefort sur le plateau de fromages pour accompagner le Château Doisy-Daëne 1983, Cru Classé de Barsac. Année référence dans la région du Sauternais, 1983 a offert des raisins riches en pourriture noble. Sa robe or clair précède un nez juvénile d’amande, d’abricot confit et de miel. La bouche est d’une grande richesse et ne convient pas à tout le monde. Personnellement je suis saisi par un sucré bien enrobé et de belles notes de pâte de fruits, de noix de coco et de miel. Ce style est à la fois l’expression d’un grand terroir calcaire qui confère une grande pureté à ce Barsac que tout le monde voyait avec 15 ans de moins. Je ne me lasse pas de la jeunesse de ce trentenaire, elle nous inspire tous !

 

Merci à tous pour cette belle soirée où les vins moelleux auront brillés en compagnie d’un Hermitage de grande classe malgré un petit millésime 2002. Comme quoi les grands terroirs ne mentent pas.

In vino veritas