Dégustations au fil du printemps

By 9 juin 2008Non classé

Ces derniers temps, j’ai bu beaucoup de choses différentes lors de soirées différentes. Voici une actualisation de mes billets de dégustations avec quelques belles bouteilles qui réchauffent le coeur en ce printemps quelque peu pluvieux : Gevrey-Chambertin 1997, Domaine Bruno Clair ; Pernand Vergelesses 1er Cru Ile de Vergelesses 2003, En Truffière ; Meursault Premier Cru Les Perrières 2001, Albert Grivault ; Le Clos des Verdots 2007, Bergerac sec ; Chasselas Vieilles Vignes 2003, Bernard Schoffit.


Nous commencons cette revue de dégustations par un samedi improvisé chez Yannick pour une soirée dégustation. Pour l’occasion, il m’a même laissé aux commandes de sa cuisine moderne pour que je puisse exprimer mes talents de cuistot ! Au passage, nous sommes passés par le Sundgäuer Kaskäller (pour les non-alsaciens, comprenez la célèbre cave à fromage Anthony à Vieux-Ferrette) pour y dénicher quelques bouteilles, dont nous reparlerons, et un Comté pour terminer le repas. Je prends mes quartiers dans la cuisine avec mon commis du soir pour préparer un traditionnel Filet mignon de veau aux morilles. Pour accompagner ce plat et cette excellente sauce, Yannick a choisi d’ouvrir une bouteille que je lui avais offert pour ses 26 ans, un Gevrey-Chambertin 1997 du Domaine Bruno Clair.

Gevrey-Chambertin, Gevrey Chambertin, Bruno Clair, Gevrey village, Côte de Nuits, vin de BourgogneLa robe est sombre et montre des signes d’évolution avec un reflet orangé. J’ai eu la chance de goûter beaucoup de Bourgogne de ce millésime 1997 mûr et exotique, et force est de constater que ce village suit la même démarche : zeste d’orange, quinine, mûre puis plus bourgignon (fraise, cerise kirschée). A l’aération, il prend un accent plus boisé, avec du caractère. L’entrée en bouche demeure fine, discrète, puis la maturité et la puissance prennent le relais. Le tout conserve une belle rondeur et une relative finesse, pour devenir après une heure dans le verre un Pinot Noir plus typique, mais mûr (épice, balsamique). La finale est amère, fraîche, et d’une longueur moyenne. C’est un bel exemple de Gevrey village qui malgré ces dix ans est encore en forme. IVV : 85/100.

Continuons notre voyage en Bourgogne avec un autre vin issu d’un millésime solaire et chaud, le Pernand Vergelesses 1er Cru Ile de Vergelesses 2003 de la maison En Truffière. Là aussi, sa robe grenat sombre est plutôt originale. Pénetrant au nez avec un fruit rouge mûr, il est très exhubérant (fraise tagada, mûre, cassis) à l’image d’un Rhône Nord, mais sans la pureté. Cette bombe fruitée conserve une grande structure et un bel équilibre (tannins mûrs) malgré son côté futuriste ! Son acidité est moyenne mais il a encore beaucoup de mâche, et devrait se bonifier dans les 5 prochaines années. Très Côte de Nuits, sa finale est moyennement longue mais puissante et quelque peu pinotée. La Bourgogne exhubérante et moderne, même si l’élégance manque pour en faire un grand vin. IVV : 88+/100.

Meursault, Meursault Perrières, Meursault 1er Cru Les Perrières, Albert Grivault, Grivault, Clos des Perrières, Bourgogne blanc, vin de BourgogneIl en temps de basculer dans les blancs de la Côte de Beaune, avec un très bel et illustre exemple de Meursault. Le Meursault Premier Cru Les Perrières 2001 d’Albert Grivault est plein d’élégance et de caractère, avec de la matière (sur les agrumes, l’amande et les fleurs) et une fine pointe de minéralité. Je n’ai que rarement l’opportunité de goûter des Meursault frais et élégants, celui-ci en est un exemple typique. Fraîcheur, rondeur et équilibre en sont les maîtres-mots. Un boisé fin vient enrober le tout, les tannins sont arrondis, la finale conserve cette fraîcheur cristalline et offre une belle longueur. Gouleyant à souhait tout en gardant une fraîcheur remarquable. Superbe ! IVV : 92-93/100.

Clos des Verdots, Tour des Verdots, David Fourtout, Bergerac, Bergerac blanc, Bergerac secDeux autres blancs viennent enrichir cette sélection. Le premier m’est offert par mon caviste et ami Fabrice au Monde du Vin. Le Bergerac sec du Clos des Verdots 2007 présente une couleur jaune pâle brillante aux reflets verts. Au nez, il est frais, avec des notes qui orientent vers le Sauvignon (herbe fraîche, ortie, mélisse), puis viennent les agrumes et une touche florale. Quelle complexité ! Ce Bergerac à dominante Sémillon attaque avec douceur, puis il devient plus volumineux en bouche. Au palais, le gras apparaît et les arômes ne demandent qu’à s’épanouir. Frais, long, il se termine magnifiquement et laisse une trace superbe (citronnée et iodée) et interminable. Rien à dire ! IVV : 89+/100.

Chasselas, Bernard Schoffit, Schoffit, Chasselas Vignes Vignes, Chasselas VV, Hardt, Colmar, vin d'AlsaceFinissons par une bouteille spéciale puisqu’il s’agit de la dernière bouteille de Chasselas Vieilles Vignes 2003 de Bernard Schoffit que nous avons acheté pour les 50 ans de mon père. Et il faut dire que cette bouteille fut un magnifique exemple de ce qu’un vigneron talentueux peut faire d’un cépage méconnu dans un millésime aussi exceptionnel que 2003. Très belle évolution de ce Chasselas devenu complexe et charmeur. Au nez, la poire, le tilleul, l’anis et l’églantier tirent leur épingle du jeu. Belle fraîcheur au nez. L’attaque est vive, puis le tout devient rond et bien présent au palais. Bel équilibre et finale chaleureuse digne d’un 2003, mais sans aucun défaut. En 5 ans, ce vin a développé une superbe complexité et une élégance dignes des pratiques biodynamiques de ce domaine phare d’Alsace. Bravo ! IVV : 89/100.

En somme, je vous propose ici quelques très beaux vins qu’il est temps d’ouvrir, car ils offrent beaucoup de plaisir. Les blancs sont idéaux pour profiter du retour des beaux jours. Un Bergerac frais, complexe et très accessible, un Chasselas riche et à maturité, et pour les grandes occasions, ce grand Meursault qui combine richesse et fraîcheur.

In vino veritas
Thomas

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