Rome ou la dolce vita

Je profite de mon retour de Rome pour vous rendre compte de la singularité de cette superbe ville mais surtout pour vous raconter mes expériences réussies avec les grands vins italiens : Prosecco Di Valdobbiadene Brut, Nino Franco ; Tignanello 2006, Antinori. En ce week-end d’anniversaire j’en ai profité pour goûter aussi de vins de fête, plus septentrionaux certes : Champagne Grand Brut, Perrier-Jouët ; Champagne Brut Réserve, Billecart-Salmon. En voyage…

J’aurais pu profiter de ce commentaire pour vous faire un compte-rendu détaillé des kilomètres que nous avons parcourus tous les deux, avec ma chère et tendre, dans les rues de Rome. Vous rendre compte des centaines d’églises baroques à la façade noire de pollution mais couvertes d’or à l’intérieur ; épiloguer sur les vestiges tantôt originels tantôt reconvertis en lieu de villégiature dans le centre-ville de la capitale italienne ; vous dire à quel point je fus émerveillé par la beauté de la fontaine de Trevi, du Panthéon et de l’église Sainte-Agnès sur la Piazza Navona et pourquoi pas vous surprendre avec le nombre de pèlerins polonais et français qui arpentaient les alentours du Vatican pour y célébrer la béatification du Pape Jean-Paul II.

Mais je vais plutôt vous faire l’éloge de la cuisine italienne, de la beauté de l’hôtel Saint-Régis qui surplombe majestueusement la Place de la République et d’une Å“nothèque à l’allure discrète mais qui nous a offert des mets de choix ainsi qu’une carte des vins exceptionnelle. Après un premier soir à Rome qui sur le plan gastronomique relevait plutôt du cauchemar que du cadeau d’anniversaire, nous nous sommes appliqués pour choisir il Ristorante Enoteca Capranica, ce petit restaurant de charme caché derrière le Panthéon. Ce sont les nombreuses bouteilles de prestige exposées dans la vitrine qui m’ont interpellé : Pétrus, Haut-Brion, Gaja Sperss, Sassicaia, j’en passe et des meilleurs… pour preuve cette caisse bois exclusive d’une bouteille de Montrachet du Domaine de la Romanée-Conti.
Nous entrons sans vraiment d’espoir de trouver une place un samedi soir à 20h chez a priori une adresse réputée qui est devenue une référence dans le Guide Michelin… Et bien comme les choses sont bien faites nous sommes accueillis à bras ouverts et dans un français parfait par le directeur de salle. L’apéro s’impose et quoi de mieux qu’un mousseux italien pour se mettre en appétit. Le Prosecco Di Valdobbiadene Brut de Nino Franco (Vénétie) nous est servi alors que nous sommes encore en pleine réflexion pour le contenu de notre menu. Sa mousse aérienne et persistante présente une bouche généreuse sur l’abricot et le zeste de mandarine. Sa finesse et son toucher de bouche soyeux en font un mousseux de grande classe qui procure un plaisir immédiat.
Si vous me permettez une petite parenthèse il se montre un peu plus à la fête que le Champagne Grand Brut de Perrier-Jouët dégusté un peu plus tôt à l’hôtel. En effet celui-ci s’est montré un peu creux et cru en milieu de bouche malgré un nez finement toasté et une mousse légère associée à une effervescence rafraîchissante. La finale est elle sur les agrumes et des notes beurrées (qui accompagnent idéalement les petits-déjeuners décadents). Malgré sa gourmandise et une minéralité ciselée, il ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Après cet intermède effervescent il était temps de choisir le vin du menu de la soirée. Après moult réflexion et la consultation passionnée de cette carte des vins digne d’un grand restaurant, nous décidons de nous faire plaisir avec un des plus grands noms de la viticulture toscane et italienne à savoir Tignanello 2006 de la maison Antinori. L’environnement se prête à la dégustation de grands vins puisque la table d’à côté (un couple français) n’hésite pas non plus à se faire plaisir avec un Barbaresco Sperss 1998 du grand maître Gaja. D’autant plus que le service des vins assuré par le sympathique maître de salle est de haut niveau. Les carafes sont magnifiques et les verres volumineux n’attendent qu’à recevoir le précieux nectar. Mon premier « super-toscan », comme se plaisent à dire les anglo-saxons, et nous Dieu que ce fut bon ! L’ensemble se présente dans le verre avec un belle robe grenat sombre et impénétrable. Le nez est exubérant et complexe de fruit noir confituré, de terre, de tabac blond et de graphite. Belle et légère évolution sur une légère note plus sanguine puis plus animale. En bouche, l’attaque est discrète mais veloutée sur des arômes de tabac enrobés de fruits noirs mûrs évoluant sur la boîte à cigare. Son ampleur en bouche est superbe et opulente, ses tannins souples témoignant de sa maturité. Ce Seigneur toscan a de l’assise et de l’assurance, il se prolonge dans une finale longue et persistante grâce à une acidité juste et une superbe minéralité qui, associés à une fine touche torréfiée, laissent une magnifique trace.
Un superbe vin, issu d’un vignoble de 47ha au Sud de Florence et composé comme à chaque millésime à 85% de Sangiovese et pour le reste à 10% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le niveau de qualité atteint par la maison Antinori qui produit 20 millions de bouteilles par année entre ses différents vins est impressionnant. Il s’agit assurément du meilleur Chianti Classico (car ce vin s’appelait « Chianti Classico Riserva vigneto Tignanello » jusqu’en 1971) que je n’ai jamais bu. Mais là on est quand même dans une autre classe !

La soirée est superbe et rattrape magnifiquement le pétard mouillé de la veille ! Les plats proposés sont d’une très bonne tenue et accompagnent avec grâce ce Tignanello opulent mais terriblement charmeur. En somme je ne peux que vous recommander, vous amateurs de vin, ce restaurant niché au cÅ“ur de Rome. Très bel accueil, grande qualité de service du vin (sachez que cette qualité est très rare à mes yeux, même dans certains grands restaurants), personnel sympathique et polyglotte.

Je profite aussi de ce commentaire pour faire une mention spéciale à un grand Champagne que nous avons bus avec mes parents lors de mon retour d’Italie. Ai-je besoin de le mentionner une énième fois, pour moi le Champagne Brut Réserve de Billecart-Salmon est une véritable réussite et mérite sans conteste une place dans la tête de mon classement des Champagnes Brut sans année, avec Bollinger et Pol Roger (d’ailleurs servi à l’occasion des noces du Prince héritier d’Angleterre). Déjà je trouve qu’il brille de par sa couleur or paille brillante et ses bulles dynamiques. Le nez représente toute la classe d’un grand Champagne avec un brioché toasté fin et pénétrant qui se décline sur des notes de vanille, de frangipane et crème anglaise tout en gardant une vivacité surprenante. En bouche il est sans lourdeur, glisse avec assurance sur le palais avec des touches de pain grillé, de brioche, de foin et de fruits jaunes confits. Sa vinosité est caractéristique et combine gras et équilibre. Il remplit la bouche et appelle le fois gras en accompagnement. Franchement top, et à chaque fois !

Voilà c’est tout pour aujourd’hui ! Si vous voulez vous rendre compte de la carte des vins de cette oenothèque coquète du centre de Rome, n’hésitez pas à visiter son site (ici). Et puis faites vous plaisir en passant une nuit au Saint-Régis, ça en vaut vraiment la peine (voir lien ici).

A très bientôt sur www.in-vino-veritas.fr