Stammtisch

By 23 septembre 2009Non classé

Au dernier moment, j’ai eu la chance et le priviliège de joindre le cadre fermé d’un Stammtisch dans le vignoble au coeur du Bollenberg, avec mes amis du Clos de Vougeot. En plus d’une ambiance décontractée et d’un excellent repas, j’ai pu faire profiter mes amis d’un Château Lafon-Rochet 1998, 5è Cru Classé de Saint-Estèphe parmi d’autres belles trouvailles : Pinot Gris Cuvée Prestige 2005, Clos Saint-Apolline ; Château d’Arse Cuvée Excellence 2006, Fitou ; Domaine d’Aupilhac 2006, Côteaux du Languedoc Montpeyroux.


Le dernier jour de mes vacances, Hubert me propose au dernier moment de le rejoindre pour déjeuner au Stammtisch du Bollenberg, ce terroir au microclimat unique situé sur une petite colline entre Rouffach et Westhalten. Après quelques tractations et des négotiations très difficiles je me décide de le rejoindre ! La règle du Stammtisch étant d’apporter une bouteille de vin par personne pour faire (re)découvrir un coup de coeur aux autres membres du repas, je procède au casse-tête du choix de la bouteille de vin idéale dans ma cave en ayant aucune idée des plats ou des cadeaux des autres invités. Après quelques hésitations, je m’empare de deux flacons de Château Lafon-Rochet 1998, 5è Cru Classé de Saint-Estèphe.

Le voyage est agréable et la montée sur la colline du Bollenberg m’émeut car au vu de toutes les grappes mûres et bien colorés, je me dis que 2009 peut devenir un grand millésime comme beaucoup le prédisent déjà. La flore en haut de la colline est assez singulière et vierge de toute vigne car elle abrite de nombreuses plantes médicinales rares. Nous arrivons à l’Auberge du Vieux Pressoir nichée au sommet du Bollenberg. L’accueil des convives du jour est chaleureux, si chaleureux qu’une bière trône déjà sur la table pour saluer les retardataires que nous sommes. Il est 13h00 et nous commençons sans attendre. Je n’ai même pas le temps de finir ma bière que le premier vin blanc est servi. Le Pinot Gris Cuvée Prestige 2005 du Clos Saint-Apolline attire toute mon attention. Issu du terroir du Bollenberg, ce Pinot Gris à la robe dorée brillante est vinifié au domaine mitoyen au restaurant et exploité par la famille Meyer depuis plusieurs générations. En pleine évolution, il séduira de par ses arômes de fruits jaunes, de pulpe avec un équilibre très bon entre sucre et acidité. La finale est sapide et longue, mûre et témoigne d’une belle cuvée qui a su tirer la quintessence d’un grand millésime en Alsace. Il offre un bel accompagnement sur un amuse-bouche original : la crème brûlée au cèpes.

D’autres vins sont servis dans le même temps mais ne retiennent pas mon attention. L’heure est au rouge avec en prélude un beau vin très aguicheur. Le Château d’Arse Cuvée Excellence 2006, Fitou est d’une couleur grenat foncé, l’ensemble et riche avec un beau jambage. Le vin est très souple en bouche, sur des notes compotées de fruits noirs, on sent la barrique et les arômes de vanille et de cannelle. C’est très bon, moderne, riche, et bien fait car la fraîcheur de la Syrah confère longueur et finesse. Pour moins de 10€, c’est franchement correct (Cave des Vignerons de Cascastel).
Nous avons aussi eu droit au Domaine d’Aupilhac 2006, Côteaux du Languedoc Montpeyroux qui ne m’a pas franchement subjugué, surtout de part son caractère un peu trop végétal à mon goût, comme si la maturité du raisin n’était pas optimale ce qui laisse cette note persistante de garrigue et d’herbe de Provence. Mais il convient de relativiser mes propos puisque le vin fut servi tout de suite après son ouverture et qu’il suit un vin rouge d’un tout autre caractère plus accessible. En résulte un ensemble certes fruité mais au caractère septentrional qui résulte d’un millésime peu être plus froid ; le tout compense par sa fraîcheur et sa minéralité. Il convient de regoûter ce vin de terroir pour en avoir le coeur net toutefois je préconise un carafage préalable.
Vient ensuite mon vin, Château Lafon-Rochet 1998, 5è Cru Classé de Saint-Estèphe qui, au vu de la descente de mes amis du jour, a connu un beau succès. D’ailleurs deux bouteilles ne furent pas de trop pour resservir tous les membres du Stammtisch. Vous allez me dire que c’est du soudoiement pur et simple, de la corruption, des backchichs, tout ce que vous voulez, mais je fus plutôt content de contribuer à ce moment de plaisir unanime. Car je dois avouer que la première bouteille de ce vin que j’ai bue en cours d’année ne m’avait pas vraiment convaincue. Aujourd’hui ce Saint-Estèphe est dans la fleur de l’âge, il offre une robe grenat sombre d’apparence plutôt légère. Au nez, il est bien évolué mais toujours tout en finesse, sur des notes de fruits rouges (cerises, prunes) associés à des notes plus tertiaires de terre, de métal et de mine de crayon. L’attaque est légère, de caractère avec un bel ensemble fruité mais une évolution sur les herbes grillées, la terre qui témoignent avec force du terroir brut de Saint-Estèphe. Les tannins sont résolus mais le grain est fin et procure une belle sensation végétale mais aucunement immature. C’est propre, avec une finale minérale profonde d’une longueur moyenne. Un Saint-Estèphe de qualité, un vin d’amateur de Saint-Estèphe (comme moi et tous mes amis du jour qui avons beaucoup apprécié).

La fin du repas est conviviale, autour des nombreuses eaux-de-vie distillées par le Domaine du Bollenberg. La framboise, le sureau, la poire, j’en passe et des meilleures. En tous cas je fus bien content d’être raccompagné par Hubert que je remercie chaleureusement, car il m’a ouvert les portes d’un groupe d’amateur exclusif que j’ai eu plaisir à retrouver.

A très bientôt sur www.in-vino-veritas.fr

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