In Vino Veritas

Deux Bourgognes pour débuter 2009

Tout d’abord, permettez-moi de vous souhaiter une excellente année 2009 ! Afin de passer sans modération dans cette nouvelle année, nous avons ouvert pour la Saint-Sylvestre deux superbes Bourgogne en accompagnement d’une fondue chinoise et d’un plateau de fromages de Bernard Antony : Pommard 1er Cru Epenots 2000, Louis Latour ; Echézeaux Grand Cru 2002, Domaine Christian Clerget.


J’ai coutume de dire que je n’aime pas trop faire la fête pour Nouvel An. Cette année, à peine réchauffés de notre virée glaciale à Berlin (voir par ailleurs), Jess et moi sommes revenus aux sources pour glisser dans la nouvelle année en compagnie de nos amis Magali, Audrey, Seb et Yannick. Et je dois dire que cette soirée est passée à la vitesse de la lumière ! L’ambiance n’y fut pas étrangère, comme par ailleurs le repas et les vins servis…

Yannick nous ouvre la porte et à notre grand étonnement, le gentleman qu’il est accueille ses hôtes d’un soir en jean et tee-shirt, alors que chacun d’entre nous s’était mis sur son 31. Les bras remplis, Jess et moi nous attelons à la préparation du punsch apéritif, celui qui a toujours autant de succès avec les charmants canapés de truite fumée préparés par la belle Audrey. Nous nous installons confortablement et entamons tranquillement cette soirée de transition. Le repas principal est prêt : direction la table de salon pour une fondue chinoise, avec boeuf, veau et porc au programme. Chers experts en accords mets-vins, vous savez tout comme moi qu’associer un seul vin à trois types de viandes différents relève du défi. Alors pour l’occasion, nous avons décidé Yannick et moi d’ouvrir chacun une bouteille que nous avons en commun, à savoir le Pommard 1er Cru Epenots 2000 de Louis Latour. Ce cru à maturité offre une belle couleur de Pinot Noir, avant que le nez ne laisse planer le doute : nous sommes bien en Bourgogne. Certes pas très complexe, mais avec des notes de terre, cerise, baies rouges et sous-bois. Typique, plutôt puissant mais avec des tannins résolus, je pense sincèrement que nous avons profité de ce vin au sommet de son évolution. La bouche est ronde, avec des notes de cerise, de baies rouges et d’épices, l’acidité justement dosée pour que le tout puisse se prolonger dans une finale moyennement longue et typée (terre, sang, bettrave). Un Pommard de caractère, bien travaillé et digne de son appellation. IVV : 89/100.

Malgré sa relative difficulté, l’accord mets-vin est plutôt réussi. Pour preuve, nous devons entamer la dernière bouteille, ce magnifique Echézeaux Grand Cru 2002 du Domaine Christian Clerget avant même de se concentrer sur le plateau de fromage préparé pour l’occasion par Jean-François Antony. Et là, je dois dire : merci Seb de nous avoir offert une telle bouteille ! Car avec une robe grenat éclatante et brillante, un nez frais sur les fruits noirs et plusieurs notes épicées, je dois dire que ce Grand Cru tient son rang. En bouche, quoi qu’encore tannique et puissant, il libère des notes vives de fruits noirs (mûre, cassis), de minéral avant de nous donner un aperçu du terroir dont il provient (âge moyen des vignes : 60 ans, situées au dessus du Clos Vougeot, à l’entrée de la Combe d’Orveaux). L’acidité et l’équilibre d’un grand millésime bourgignon devrait le porter vers 2015 sans aucun problème. Pour l’instant, je dirais que cet Echézeaux est sur la pente ascendante et atteindra sa pleine maturité dans 2 à 3 ans. Heureusement qu’il en reste deux bouteilles pour nous en faire une idée plus précise dans les années qui viennent. Un excellent rapport qualité-prix de surcroît et un vigneron à suivre, définitivement… IVV : 92+/100.

A peine le temps de se retourner, de profiter du plateau de fromages toujours aussi typé de notre ami Antony que les douze coups de minuit retentissent. La fête, les coups de fil aux amis absents, les pas de danse osés de certains et un excellent dessert viennent ponctuer une superbe soirée de Nouvel An. La musique envahit le salon et les watts déchaînent les troupes, avant que les artificiers n’en découdent et offrent un spectacle des plus…confidentiels. Peut-être que notre Webmaster aura l’excellente idée d’enrichir ce commentaire de quelques photos, quoi qu’ayant déjà fait les frais d’un exhibitionnisme exagéré lors de certaines occasions, je préfèrerais que celles-ci jouent dans un esprit plus soft…

En somme, même une dernière coupe de Ruinart Rosé ne me fera oublier cet Echézeaux de talent, qui aura marqué – d’un point de vue oeonologique – cette soirée de Nouvel An très réussie. Merci à Yannick et Audrey ! Finalement, tu vois Thomas, c’est pas si mal que celà la Saint-Sylvestre…

A bientôt
In vino veritas

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