In Vino Veritas

Le 1er Concours Mondial du Savagnin

A l’occasion du 1er Concours Mondial du Savagnin, Jean-Michel et moi avons pris la route de Lons-le-Saunier dans le Jura, au coeur de la région de prédilection de ce cépage. Nous avons eu le privilège de participer au jury qui a décerné les premières médailles de ce concours très relevé, sous l’impulsion de la directrice de ce concours, Marie-Thérèse Grappe et de Brigitte Leloup, présidente de l’Association des Sommeliers d’Europe. Tissot, Pignier, Château d’Arlay en Jura mais aussi des vins d’Alsace, de Suisse et… d’Australie ont participé à cet hommage mondial au Savagnin.

 

Il y a quelques mois Jean-Michel et moi avons reçu l’aimable invitation de Marie-Thérèse Grappe, présidente de l’Association des Oenophiles et Dégustateurs du Jura, à participer au jury du 1er Concours Mondial du Savagnin qui a eu lieu ce lundi 17 novembre 2014 au Lycée Agricole de Montmorot tout près de Lons-le-Saunier. Il s’agit d’une initiative inédite pour ce cépage roi du Jura qui lui seul peut faire le célèbre Vin Jaune qui contribue à la renommée internationale du vignoble jurassien. Et même si cet évènement peut paraître comme une énième répétition des trop nombreux concours de pacotille, je peux vous assurer que la qualité des vins sélectionnés ainsi que l’ambiance studieuse du jury ont impressionné…

Nous arrivons peu avant 10 heures du matin après un réveil matinal et un voyage sur une autoroute pour le moins arrosée… L’ambiance aux abord de la salle de classe dans laquelle nous prenons place est des plus solennelles. Environ 50 jurés, qu’ils soient professionnels du vin (vigneron, technicien, sommelier) ou amateurs confirmés, s’assoient chacun à une table individuelle avec les outils indispensables à ce genre d’exercice : une feuille de notes, un stylo, un verre et un crachoir. Téléphones portables prohibés, copiage interdit : je n’ai plus vu autant de sérieux depuis mon baccalauréat ! L’organisation est millimétrée, apparemment loin de l’ambiance conviviale des dégustations du Guide Hachette… Chaque rangée de dégustateurs (qui compte 6 à 8 jurés) aura pour objectif de noter une dizaine d’échantillons différents. Jean-Michel est à la table à côté de moi mais jugera les bouteilles estampillées 11 à 18 tandis que j’aurai à noter les échantillons 41 à 48. On ne peut faire plus objectif !

Voici mes notes de dégustation, évidemment tous les vins ont été servis à l’aveugle. Il m’a tout de même été précisé que les vins qui m’ont été versés ne sont pas tous du Jura. Les autres groupes de jurés ont eu affaire pêle-mêle à des Savagnins du Jura ouillés, non-ouillés et Vins Jaunes…

Le palmarès du concours sera connu dans la soirée, après que les commissaires aient fait les moyennes de chaque groupe. Comme indiqué dans mes notes, trois vins de ma série auront décroché une palme. Pour information, la médaille d’or est décernée à un vin dont la moyenne a été de 18/20, l’argent 16/20 et le bronze 14/20, soit une sélection plus sévère que de coutume.

Catégorie savagnin ouillé – Médaille d’Argent : Hugues Béguet  2012, Martin Faudot 2011

Catégorie savagnin sous voile – Médaille d’Or : André Bonnot 2010 ; Médaille d’Argent : Berthet-Bondet 2009, B. Clerc 2010

Catégorie vin jaune – Médaille d’Or : Pierre Richard 2006, Philippe Butin 2006 ; Médaille d’Argent : Domaine Quillot 2007, Stéphane Tissot 2007

Catégorie divers – Médaille d’Or : Domaine Heywang, Klevener de Heiligenstein 2013 ; Médaille d’Argent : Cave La Colombe, Païen/Heida 2013

Bravo à tous les participants et félicitations aux vins sélectionnés. Une fois nos copies rendues aux commissaires, nous avons eu la chance de déguster la totalité des bouteilles proposées lors de cette matinée. Mon coup de cœur, sans hésitation, est à décerner aux deux vins offerts par le Domaine Pignier. Jean Etienne, Antoine et Marie Florence représentant la 7è génération de la famille depuis l’acquisition du domaine des moines chartreux après la Révolution Française. Ils perpétuent la tradition et ont choisi de travailler leur vignoble en biodynamie depuis 2002. Le Côtes du Jura Blanc « Sauvageon » 2012 est un Savagnin ouillé sur 18 mois. Il s’exprime avec force et vivacité en bouche, la précision aromatique du Savagnin est portée à son idéal. La finale est longue, précise et fine. Nous allons un cran plus loin avec le Vin Jaune 2006 qui est issu de rendements limités et d’un terroir de marnes bleues du piémont jurassien. Après 6 ans et demi d’élevage sous voile, il m’a tout simplement enchanté par sa grande richesse aromatique : toute la beauté d’un grand Savagnin de classe, sans excès et avec une précision démentielle au palais. Sa buvabilité est incroyable, et témoigne de ce que le Jura peut produire de mieux ! Garde illimitée pour ce monument mais plaisir indescriptible dès à présent : j’aurais pu finir la bouteille à moi tout seul ! Bravo la famille Pignier, qui ne part pas avec une médaille aujourd’hui, mais rassurez-vous, l’essentiel est ailleurs…

Après un excellent repas organisé dans la cantine de l’établissement, Jean-Michel et moi reprenons la route pour rendre visite à Céline Gormally aux Domaine des Dolomies… Nous avons eu le privilège de déguster les blancs du millésime 2013 quelques semaines après la mise ainsi que les 2014 sur fût. Les quantités sont minuscules (par exemple le Savagnin 2013 a fait environ 400 bouteilles) mais les jus sont tous merveilleux d’équilibre et de précision. A souligner les Chardonnay Les Boutonniers et les Combes, absolument superbes. Nous reviendrons sur ce domaine dans quelques mois avec les Avinturiers qui accueilleront Céline et Steve pour une très belle soirée dégustation.

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