Au Monde du Vin

By 5 juillet 2007Non classé

Compte-rendu de ma dernière expérience professionnelle, un inventaire de plusieurs jours chez mon caviste, le tout couronné par de multiples dégustations. Entre autres : Riesling Grand Cru Steingrubler 2002, Domaine Barmès-Buecher ; Saint-Joseph « Deschants » 2005, Chapoutier ; Riesling Réserve 2005, Trimbach ; La Tour des Verdots 2001, Bergerac rouge ; plusieurs vins étrangers parmi lesquels un lumineux TBA d’Aloïs Kracher.


En tant que clients fidèles du « Monde du Vin », les membres de ce blog s’étaient gentiment proposés pour donner un coup de main lors de l’inventaire de fin d’exercice du magasin. Malheureusement pour Seb et Yannick, leurs diverses activités les ont retenus, et je dus personnellement les remplacer durant ces trois jours qui me laisseront un agréable souvenir. Tout d’abord de par la sympathie, la convivialité, la jovialité de Fabrice et de toute son équipe, ensuite de par leur compétences mais aussi leur volonté de toujours plus découvrir le monde sans fin du Vin et des vignobles de France et d’ailleurs.

Au cours de ces trois jours de dur labeur (!), j’ai eu droit à des moments de réconfort, et de rencontres enrichissantes : ce vigneron de Buzet, Ludovic Bonnelle, ce restaurateur alsacien expatrié près de Reding (Angleterre) et pleins d’autres amis de Fabrice, tous ont cette même envie de porter au plus haut toutes les couleurs de la viticulture et du savoir-faire des vignerons. Au moment où la viticulture française est en pleine crise (preuve en est la quantité incalculable d’échantillons que reçoit le magasin), cette promotion de qualité et d’expression du terroir indique à tous les membres du monde du vin la marche à suivre.

Je vais maintenant m’oser au commentaire de la majorité des vins qu’il a été donné de boire ces jours derniers avec mes collègues. L’ordre est chronologique, mais vous verrez que priorité est donnée aux vins blancs, dont un m’a particulièrement marqué. Je pense que c’est le plus grand vin blanc étranger que j’ai bu : Yquem n’a qu’à bien se tenir !

  • Riesling Grand Cru Steingrubler 2002, Domaine Barmès-Buecher : Robe dorée aux reflets clairs, jambage épais. Grande maturité au nez (fruits confits, pêche), avec une pointe de minéralité. Potentiel de vendange tardive. Attaque discrète et belle densité en bouche, l’acidité demeure présente et soutient un ensemble équilibré jusqu’en finale. Joli compromis entre concentration et fraîcheur. Le fruité est persistant et le rend le tout très flatteur. IVV : 91/100. D’après mes dernières dégustations de plusieurs de ses vins, je pense que ce domaine est une valeur montante en Alsace ! Un style proche de celui d’Olivier Humbrecht, qui est d’ailleurs un ami de cette maison.

  • Saint-Joseph « Deschants » 2005, Chapoutier : Couleur grenat sombre aux reflets violacés. Glycérol, nez de cassis, cerise, herbes grillées, mais avec une belle fraîcheur. Un vin concentré, encore jeune car il manque de complexité et de profondeur. Il conserve cependant cette agréable fraîcheur et s’étire en finale avec aisance et simplicité. Un vin à attendre ou à préparer. IVV : 82+/100.

  • Alois Kracher, TBA (Trockenbeerenauslese) non millésimé : Cette bouteille de 18,7 cl est en fait un échantillon rapporté par Fabrice lors de son voyage à VinExpo Bordeaux. Je dois dire qu’il nous servi un véritable trésor ! Déjà dès l’aspect visuel, ce vin interpelle par sa beauté et sa sensualité. De couleur jaune aux nuances vert pâle, il apparaît clair et plein de vivacité. Le plus beau reste le jambage et ce glycérol suintant le long du verre. Gras, concentré en sucres (environ 250g/L d’après nos estimations), il développe une complexité délirante au nez. Tout d’abord les fruits jaunes mûrs (pêche, coing, mirabelle, abricot, mangue) jaillissent du verre. Suivent ensuite le melon, la poire puis la verveine et le tilleul ! En bouche, c’est tout simplement parfait : cet élixir tapisse le palais avec un velouté si séduisant, le tout supporté par une touche d’abricot d’une extrême précision. D’une grande pureté, il s’exprime sans aucun excès. Le vin ne laisse aucune lourdeur ; sa fraîcheur se prolonge jusque dans une finale longue, complexe et goûteuse. Il laisse une trace indélébile, et remplace un dessert tant il est gourmand, complexe et digeste. Alors que j’hésite à prendre ma dernière gorgée, de nouvelles notes de fruits rouges (groseille, aubépine) témoignent de l’évolution olfactive de cette merveille. Au moment de vider mon verre, j’éprouve une joie rare devant ce vin, mais en même temps, je sens cette tristesse de n’en avoir profité que très furtivement. Cette émotion est celle que laisse incontestablement un grand vin. Quel plaisir ! IVV : 98-100/100.

  • Riesling Trarbacher Ungsberg Auslese 2003, Richard Böcking : lors de mes dernières virées outre-Rhin, je me suis laissé tenter par plusieurs bouteilles de domaines célèbres (Dönnhoff en Nahe, Müller-Catoir en Palatinat). Je n’ai cependant pas encore eu l’occasion de goûter ces vins. C’est alors que Fabrice m’avait promis de déguster cet Auslese, afin de me faire une idée de la palette aromatique, du potentiel de vieillissement et de l’accord mets-vin d’une telle bouteille. Ce riesling est très clair, limpide aux reflets brillants. Au nez, fruité subtil : agrumes (pamplemousse, citron, orange), pointe minérale ; évolution sur la poire pochée et le melon. L’attaque est très ronde, avec tous les arômes du nez et peut-être une note florale. Cette boule fruitée se propage sur le palais avec une acidité caractéristique du cépage. Le vin est très agréable à boire, sans sucrosité et sans lourdeur apparente, mais avec une belle fraîcheur. Seule la finale paraît disjointe, déséquilibrée. Cette pointe de chaleur trahit de suite un millésime caniculaire. Dommage. IVV : 84/100.

  • Riesling Réserve 2005, Trimbach : Robe très claire, uniforme. Le nez s’ouvre très clairement sur le fruit, avec des notes de pêches, de poire et d’agrumes, qui impriment une belle touche acide et annoncent une minéralité en devenir. En bouche. Le vin débute sur le fruit mais se montre d’entrée franc et longiligne, avec une acidité présente et nette qui offre un superbe équilibre. L’ensemble fruit-acidité est très bien intégré et ne demande qu’à s’épanouir. La patte du vigneron est reconnaissable. Précis, droit : c’est propre, avec du potentiel. IVV : 87/100.

  • La Tour des Verdots 2001, Bergerac rouge : Ensemble rouge foncé aux reflets noirs ; assez sombre et concentré d’aspect. De prime abord, arômes étonnants de pinot noir (fraise, fruits rouges acidulés), avec une touche minérale. L’ensemble gagne cependant en caractère, grâce à une part de cabernet sauvignon dans un assemblage à dominante merlot (cerise, prune ?) En bouche, le vin est élégant, aromatique et laisse une touche typique de terroir bordelais. La finale est équilibrée, moyennement longue. Un vin d’une belle élégance, qui ne révèle aucun excès boisé ou alcooleux. Un plaisir avec le repas. IVV : 88-90/100.

    Je voudrais tout simplement remercier Fabrice de m’avoir ouvert les portes de son arrière-boutique et le remercier de sa marque de confiance et de son amitié. Il manque malheureusement quelques commentaires, mais je dois dire que tous les vins dégustés ont été plaisants et m’ont permis de découvrir de nouveaux vignerons, de nouveaux terroirs. Par ailleurs, deux très beaux vins rouges sont à conseiller tout particulièrement : Pinot Noir Cuvée Apolline 2004, Domaine Bott-Geyl ; Blaufränkisch Klassik 2006, Pittnauer.

    Alors n’attendez plus ! Foncez au « Monde du Vin » où vous recevrez un accueil chaleureux de la part de Fabrice, Vincent et Evelyne. Vous y trouverez un grand choix de vins alsaciens, pratiquement toutes les appellations de France, une cave à Champagne avec tous les plus grands (Krug, Ruinart, Bollinger, Salon, Moët & Chandon, Giraud, Veuve Cliquot, Deutz, Gosset, etc.) une cave à alcools remarquable, des produits gastronomiques (dont le filet de saumon Petrossian dont je rêve encore…), et bien sûr les grands de France (DRC, Dugat-Py, Domaine Leflaive, Clos de Tart notamment en Bourgogne ; les plus grands Bordeaux dans des millésimes étonnants ; Dagueneau, Huet, Clape, Gerin, Jaboulet, Chapoutier dans les autres régions).

    Adresse :
    Au Monde du Vin
    23, avenue de Bâle
    F-68300 Saint-Louis

    Un grand merci à tous, et comme promis, nous ferons ensemble dès que possible une grande et belle dégustation, dont vous me donnerez des nouvelles…

    In vino veritas
    Thomas

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