Châteauneuf-du-Pape & Co au Monde du Vin

By 12 février 2010Non classé

A peine de retour de mon après-midi bien chargée au Monde du Vin, je m’empresse de vous rendre compte de notre belle dégustation entre autres de Châteauneuf-du-Pape avec mes amis Fabrice et Jean-Paul, mon oncle Christian et les charmantes Evelyne et Margot. Au programme : Champagne « Prélude » Grands Crus, Taittinger ; Muscat Grand Cru Goldert 2002, Ernest Burn ; Beaune 1er Cru Clos des Mouches 1990, Joseph Drouhin ; Châteauneuf-du-Pape « La Bernardine » 1996, Chapoutier ; Châteauneuf-du-Pape « La Bernardine » 2000, Chapoutier ; Châteauneuf-du-Pape « La Croix de Bois » 1998, Chapoutier ; Gewürztraminer Vendanges Tardives 2002, Trimbach.


Comme le veut la tradition, nous nous retrouvons le vendredi midi au Monde du Vin pour profiter de belles bouteilles et finir notre semaine de travail par un beau moment de convivialité et de retrouvailles autour du vin. Le programme du jour est ficelé depuis le mois de décembre, depuis que mon oncle chasseur Christian a eu la bonne idée de nous concocter un ragoût de marcassin avec plusieurs vins de la maison Chapoutier, à qui il accorde une fidélité depuis plus de 10 ans maintenant.

Au préalable, nous prenons une petit apéro avec un grand Champagne, à savoir le Champagne « Prélude » Grands Crus de la maison Taittinger chère à mon ami Jean-Paul. Cette cuvée plutôt exclusive se positionne dans la gamme de la marque comme la référence des Brut sans année, juste avant le Brut millésimé et la cuvée Comtes de Champagne. Présentée pour la première fois à l’occasion de l’an 2000, uniquement en magnum, cette cuvée « Prélude » a été reconduite depuis lors en réponse au succès qu’elle connaît pour sa grande originalité et son rapport qualité-prix plus qu’intéressant pour un Grand Cru de Champagne. Ce magnifique vin est issu à parts égales de Chardonnay et de Pinot Noir tous classés en Grand Cru. De couleur jaune pâle aux reflets brillants, sa bulle est fine avec un cordon persistant et régulier. Le nez arbore des notes fleuries et de cannelle. C’est en bouche que le vin dévoile à la fois son charme mais aussi un certain caractère. En effet bien crémeux en attaque, le tout gagne en amplitude et en vinosité, mais sans excès. Le toucher de bouche est de ce fait d’un charme fou, avec une belle complexité d’arômes sur les fruits blancs, la paille et l’amande douce. Persistant, long et chaleureux en finale, c’est une magnifique découverte que je ne peux que vivement vous conseiller, à l’apéro ainsi que sur des poissons en sauce. Bravo ! IVV : 92+/100.

Nous enchaînons sans tarder sur le Muscat Grand Cru Goldert 2002 d’Ernest Burn que j’avais offert à Fabrice lors d’une dégustation passée. Le hasard a voulu (!) qu’il nous soit servi à l’aveugle lors de cet apéro en accompagnement d’un superbe foie gras d’oie au Baerewecka de la maison strasbourgeoise Artzner. Alors bien sûr, ce vin d’une magnifique couleur or aux reflets orange qui explose au nez sur des tons de pêche jaune, de pâte de fruits avec une évolution sur les agrumes et le végétal ne nous fait pas du tout partir sur un Muscat mais plutôt sur un Pinot Gris VT. La bouche offre un contraste saisissant, toujours sur les fruits jaunes doux, mais je dois dire que cette dimension végétale sur le chèvrefeuille, l’eucalyptus me font douter, à juste titre… L’équilibre acide est magnifique et confère une belle fraîcheur à l’ensemble (belle note d’orange confite). Fabrice confirme qu’Ernest Burn fait tout simplement les meilleurs Muscats d’Alsace et je lui donne volontiers raison. D’ailleurs je le remercie d’avoir pu garder cette bouteille au frais depuis la dernière fois et su résister à cette tentation si délicieuse. Encore une superbe bouteille, et nous n’en sommes qu’à l’apéro ! IVV : 93/100.

Le marcassin chauffe tout doucement et c’est là que nous vient le prochaine beauté en intermède. Servi à l’aveugle, le vin suivant étonne de par sa robe rouge aux reflets ambrés. Le nez est riche en fruits rouges (fraise, cerise) est typique d’un grand Pinot Noir grâce à sa grande précision aromatique. Fabrice et moi nous orientons vers une Côte-de-Beaune car le vin est dépourvu de tout accent animal. Tout l’élégance et la précision du nez se prolongent en bouche : à la fois frais et sapide, ce grand vin déjà évolué retranscrit une émotion et race toute particulière. On note une légère évolution sur des notes secondaires de cuir et de ronce. La grande longueur de ce Beaune 1er Cru Clos des Mouches 1990 de Joseph Drouhin ne vient que confirmer son excellente prestation grâce à une densité et un équilibre grandioses. Ce vin est superbe en tous points et est doté d’un potentiel supplémentaire de plusieurs années. Extra ! IVV : 94-95/100.

Quelle entrée en matière ! La belle Margot s’active en cuisine pour nous servir le ragoût de marcassin accompagné de spätzles d’Alsace. Le premier Châteauneuf servi par Christian est un des plus anciens Chapoutier de sa cave à savoir le Châteauneuf-du-Pape « La Bernardine » 1996, Chapoutier. D’une couleur grenat évolué, il est très typé Grenache au nez (je précise que tous les Châteauneuf de la maison Chapoutier sont composés à 100% de ce cépage), sur des arômes pénétrants de fruit noir compoté et une touche d’épices. L’attaque est légère et veloutée avec une évolution plus ample en bouche avec tous les arômes du nez et une finale dotée d’une belle acidité. A l’image de tous les vins de la maison Chapoutier c’est un vin bien fait étant donné son âge et le millésime, qui se comporte bien sur le plat. IVV : 86/100.
Nous montons crescendo avec le Châteauneuf-du-Pape « La Bernardine » 2000 de la maison Chapoutier qui offre quant à lui plus de fraîcheur et de croquant que son aîné de quatre ans. Il est aussi plus agréable car plus profond et plus complexe, sur des notes de fruits noirs, d’animal et de cuir. En bouche, on retrouve la réglisse, le fruit noir et une belle minéralité qui en font un ensemble plus fringuant et globalement plus élégant que le 1996. Beaucoup de dégustateurs se sont d’ailleurs trompé en annonçant le grand millésime 2001, ce qui entre nous un vrai compliment pour cette Bernardine 2000 de grande classe et d’une certaine féminité. IVV : 88/100.
Le dernier vin de la série vient mettre tout le monde d’accord ! Le Châteauneuf-du-Pape « La Croix de Bois » 1998, Chapoutier est le premier millésime issu de ce terroir planté de vignes de Grenache âgées de 90 ans sur un sol de sable, d’argile et de silice avec une sous-couche de quartz. Quelle élégance, quelle classe au nez ! Les arômes de fruits noirs (mûre, prune, cerise noire) avec une évolution sur la liqueur de mûre et de cassis en font un ensemble très vif et complexe auquel s’ajoutent des notes légères d’évolution sur les épices et les herbes de Provence. L’attaque est d’une élégance folle malgré les 15,5° d’alcool acquis, sur la cerise au kirsch, la figue, le cacao et la ratafia de griottes. Le palais est plutôt dense, avec un toucher de bouche somptueux et une grande persistance. C’est superbe et encore très jeune ! D’ailleurs ce vin a été carafé 4 heures à l’avance et ne trahit aucun signe d’évolution, ce qui témoigne allègrement d’un potentiel de garde supplémentaire sur les 10 prochaines années. Cette première cuvée « Croix de Bois » dans ce grand millésime 1998 propose une entrée en matière fracassante dans la hiérarchie des vins de Châteauneuf-du-Pape et démontre une fois de plus tous les talents de vinificateur de Michel Chapoutier. Bravo ! IVV : 94+/100.

La montée en puissance dans cette dégustation de Châteauneuf-du-Pape fut remarquable. Il ne nous reste plus qu’à déguster le dernier vin offert pour l’occasion par Fabrice pour accompagner des éclairs au chocolat et vanille. Ce Gewürztraminer Vendanges Tardives 2002 de la maison Trimbach est une rareté dans l’univers des vins secs de tradition de cette institution alsacienne. On retrouve une immense fraîcheur au nez, qui caractérise ce travail de recherche de finesse et de gastronomie des vins de Trimbach, avec des arômes de pâte de fruits, de miel, d’abricot et de mirabelle. Très exotique en attaque, frais, lacté, il se caractérise par une acidité fine qui supporte idéalement le fruit et apporte une nouvelle dimension d’arômes plus subtils de verveine, d’orange et d’épices en finale. L’accord est idéal sur les éclairs à la vanille. Un grand vin moelleux (18° d’alcool potentiel soit à deux doigts d’une SGN – 18,2° – dans ce millésime) avec la pureté typique signée Trimbach. Fameux ! IVV : 92-93/100.

Encore une fois, quelle dégustation ! Surtout que Fabrice nous sert un Cognac Grande Champagne 1er Cru Alliance n°35 de Marcel Ragnaud pour célébrer le retour au pays de sa chère et tendre. Mon Dieu quel beau Cognac, qui il est vrai dévoile le caractère d’un Armagnac mais garde un côté moelleux et élégant qui lui confère beaucoup de charme. Rien de tel pour finir de plus bel cet après-midi de convivialité.
Merci à Christian pour ce repas excellent et cette superbe dégustation de grands Châteauneuf-du-Pape, à Jean-Paul pour cette superbe découverte en Champagne et ce magnifique Clos des Mouches, et enfin à Fabrice & Co pour la mise à disposition des locaux et leur grande disponibilité ! Nous prenons rendez-vous pour de prochaines aventures, j’ose espérer qu’elle se passent tout aussi parfaitement que cette magnifique dégustation.

In vino veritas
Thomas

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