Virée à la Quille

By 31 janvier 2014Non classé

Que vous soyez amateur de vin ou tout simplement à la recherche d’un haut-lieu de convivialité sur Mulhouse, voici votre prochaine adresse : la Quille. Situé en plein centre-ville ce bar à vin propose une carte des vins attractive pour tous, ainsi que des petits plats simples à grignoter entre amis. Pour notre sortie du vendredi soir nous avons retrouvé Yann, Vincent et José pour partager quelques quilles !…

 

La QuilleLa Quille est le nouveau bar à vin tendance du centre-ville de Mulhouse. Ouvert à la fin de l’année dernière après plusieurs mois de travaux dans la rue de la Moselle, ce lieu de retrouvailles entre amis a été imaginé et réalisé par Marc Deyber et Nicolas Jean-George du Clos 3/4 avec l’aide de plusieurs partenaires. Il se décline sur 3 étages avec une salle de conférence mais surtout un accès libre à la cave à vin ! En d’autres termes c’est l’endroit idéal pour éponger une petite soif ! Nous nous y sommes rendus entre amis avec les suspects habituels que sont Sébastien et Benoit ainsi que d’autres membres de notre club de dégustation, les Avinturiers. L’objectif était clair : décompresser après une dure semaine de labeur et partager de bonnes bouteilles. Dès notre arrivée Vincent nous salue avec une bouteille mystère dont il garde le secret…

Ce jeune sommelier de talent sait brouiller les pistes en nous proposant de trouver le Pinot blanc Réserve Bergheim 2010 de Sylvie Spielmann. Cet apéritif fringuant et souple excite les papilles. Réalisé à partir d’un assemblage de Pinot blanc et de Pinot Auxerrois sur des terroirs tardifs, il offre un ensemble de bonne constitution, mûr et richement fruité. Il est cependant difficile de trouver ces origines alsaciennes : certains partent dans le Sud de la France à cause d’une relative maturité qui décline la pêche blanche, le pamplemousse et des notes miellées ; d’autres restent en Alsace car il évoque le Pinot Gris. Sans excès de puissance, il délivre toute la fraîcheur de ce grand millésime 2010 pour finir sur une note fraîche. Une bonne entrée en matière.

Riesling Sommerberg 2010 BoxlerUne fois la carte des vins en main, nous entamons une longue période de réflexion pour trouver un digne successeur à ce Pinot blanc. Malgré nos promesses initiales nous restons en Alsace avec une autre étoile montante, le Domaine Albert Boxler. Son Riesling Grand Cru Sommerberg 2010 est issu d’un millésime de haut-vol, encensé par tous les spécialistes, nous y compris ! La famille Boxler a fait de ce Grand Cru sa marque de fabrique, son fleuron étant porté par les Riesling Sommerberg « D » (lieu-dit Dudenstein) et « E » (lieu-dit Eckberg). Nous avons ce soir affaire à la cuvée classique mais je ne désespère pas mettre un jour la main sur ces deux stars montantes de la région… Nous le pensions fermé à ce stade, nous fûmes agréablement surpris par la présence, la minéralité ainsi que la précision de ce vin ! La belle maturité de l’ensemble ne vire pas dans l’excès car le fruit (agrumes confits, jasmin) est porté par une minéralité fine et ciselée qui relaie l’ensemble dans une finale longue, digeste et cristalline. Ce vin est pur et entre tout doucement dans sa phase de maturité.

Gamay La Souteronne SouhautJe sens que cette soirée peut basculer très vite c’est pourquoi je prends mon carnet et commence à gribouiller quelques notes à propos des vins rouges que nous avons choisis… Place à un de mes petits vins coups de coeur que j’avais découvert lors d’une belle thématique intitulée « du simple au double » (voir ici). Le Gamay Vin de Pays de l’Ardèche « La Souteronne » 2011 d’Hervé Souhaut exhibe une couleur grenat aux reflets violacés, sa robe est profonde et les larmes fines. Le fruit enveloppe le nez de ce Gamay en déclinant majoritairement le fruit à noyau, la mûre, le cassis rehaussés par une pointe de clou de girofle. En bouche il se montre jeune et vif, à la fois sanguin et civilisé : la cerise au kirsch réapparaît dans un ensemble qui brille par sa vivacité et son énergie. La fraîcheur de ce vin excite le palais et amplifie cette sensation fruitée : la cerise est sensuelle, la framboise titille. Quel plaisir pour les papilles ! Si vous pouvez en trouver, n’hésitez pas une seconde car ce Gamay procure un grand plaisir dès à présent et pour quelques années encore. Quand je pense que c’est votre entrée de gamme, merci M. Souhaut !

Afin de poursuivre notre crescendo nous embrayons de fort belle manière avec le Saumur-Champigny « Les Poyeux » 2008 du Clos Rougeard. Les lecteurs les plus assidus se souviendront de la découverte exceptionnelle de son petit frère d’un an, lors de la non moins exceptionnelle dégustation de l’Union des Gens du Métier à l’Ambassade de France de Berlin (voir par ailleurs). Cette fois-ci nous avons affaire à une version plus élégante des Poyeux : la robe profonde et brillante précède un nez d’une extrême finesse empreinte de fruit noir et de fines touches épicées. Malgré une complexité naissante la profondeur de l’ensemble révèle toute la classe de ce Cabernet Franc. La bouche reprend cette dimension follement élégante et subtile. Les tannins sont finement intégrés à l’ensemble, l’élevage disparaît peu à peu pour révéler toute l’amplitude et la volupté de ce vin qui révèle le fruit rouge mûr avec une fine note d’amande douce. Ce n’est pas un monstre de puissance comme son cadet d’un an mais ce cru se caractérise surtout par sa fine élégance et son toucher de bouche exceptionnel. Je le vois bientôt accompagner un poulet de Bresse pour le plaisir des papilles. Superbe vin !

Photo de groupe Bar à vins La Quille

Il est difficile de passer après un vin d’une telle élégance. Vincent décide donc de nous offrir une surprise inattendue, un vin venu d’ailleurs… Nous voilà déboussolés par le Pinot Noir « Insoumis » 2011 du Domaine Mythopia. Un vin du Valais issu d’un domaine ultra-bio (!), dans le style de Jean-Michel Deiss, qui favorise la diversité végétale au coeur du vignoble, avec par exemple la plantation de nombreux arbres fruitiers ou le développement de ruches. Première surprise, le vin est oxydé et prend des tournures de pomme, de pruneau et de cacao : même s’il ne se montre aucunement lourd, je pars tout de même dans le Roussillon car il arbore presque des notes de vin muté ! En bouche l’attaque est très rustique : le tout reprend ses évolutions de pomme et de chocolat avec quelques épices dans un registre plutôt souple mais toujours très frais. Le plateau de fromages servi en accompagnement peut servir de révélateur : et comme par magie la Fourme d’Ambert et son chutney le mettent pleinement en valeur… Il y a là comme le registre aromatique d’un Maury allié à la souplesse d’un Malbec : en aucun cas j’aurais pensé à un Pinot Noir ! Même si le vin se comporte bien, n’a aucun défaut je ne suis pas un grand fan Cependant il aura eu le mérite d’étonner et d’étendre notre culture vinique. C’est déjà ça !

Faugères Jadis 2009 Léon BarralIl nous fallait donc revenir aux bases : quoi de mieux qu’un Faugères « Jadis » 2009 de Léon Barral pour nous ennivrer ! Ce domaine traditionnel des Cévennes sublime les terroirs schisteux de Faugères, comme avec cette cuvée Jadis, issue de vieilles vignes de Carignan et de Syrah élevés deux ans en barriques. Le nez discret se montre frais d’emblée avec des notes de fruit à noyau et de mûre, il demande un peu de temps pour s’ouvrir dans le verre… La bouche est quant à elle d’une fraîcheur remarquable malgré une grande concentration : le fruit noir est présent, riche mais contrebalancé par une fraîcheur mentholée digeste. Aucune trace boisée ne vient gêner le dégustateur, tout y est pureté ! Les nuances de levain au palais soulignent le travail bio et confèrent une sapidité et une buvabilité extrêmes. Je vous garantis que la bouteille est partie très très vite, une référence ! Pour terminer cette soirée Yann nous offre à son tour une bouteille, quelle générosité… Le fruit rouge (cerise, groseille), les épices, les herbes de Provence ainsi qu’une fine touche de réglisse habillent le Château Le Puy « Emilien » 2009, Francs Côtes de Bordeaux. L’expression authentique de ce vin se traduit par des tannins fondus mais rustiques. Cet assemblage de Merlot (85%) complété de Cabernet Sauvignon avec un soupçon de Carmenère s’affirme sur un fruit rouge mûr et délicat porté par des tannins ronds et veloutés. Le Cabernet apporte des notes végétales et de bonbon aux herbes. Un vin de classe : un Bordeaux de choix, digeste, mûr et équilibré qui s’exprime avec finesse et velouté. Une belle conclusion à cette soirée marathon !

Dégustation Bar à vins La Quille

En somme la Quille est le Bar à vins incontournable de Mulhouse. La carte des vins offre une myriade de possibilités avec une sélection multiple de vins d’Alsace mais aussi des perles de toutes les régions françaises : faites votre choix entre une grande collection de vins de Jean-François Ganevat (Jura), des crus choisis du Sud de la France dont les Faugères de Léon Barral, l’éminent Mas Jullien ou encore les superbes Roussillon du Clos Rouge-Gorge… Ajoutez-y un assortiment de grands vins faits par des stars mondiales comme Clos Rougeard ou Coche-Dury ainsi qu’une belle liste de vins de Champagne et vous obtiendrez une sélection cohérente et éclectique qui répondra à tous les budgets. Vous pourrez aussi agrémenter vos dégustations par des planchas savoureuses comme le tartare de saumon ou encore un plateau de fromages afin de passer un moment de grande convivialité. Vincent, Yann et José auront à coup sûr vous accueillir et vous mettre à votre aise…

Vincent & Yann Bar à vins La Quille

La Quille Bar à vin, 7 Rue de la Moselle, F-68100 Mulhouse
Tél. 03.89.44.41.30, contact@laquille-mulhouse.com
www.laquille-mulhouse.com

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